Qui était Sophie-Charlotte de Bavière, duchesse d’Alençon ?

Sophie-Charlotte de Bavière (1847-1897), duchesse en Bavière, est la plus jeune sœur de l’impératrice Élisabeth d’Autriche, dite Sissi. Promise un temps au roi Louis II, elle épouse Ferdinand d’Orléans, duc d’Alençon, et meurt dans l’incendie du Bazar de la Charité, à Paris, le 4 mai 1897. On la trouve aussi sous le nom de « Sophie en Bavière », car son titre exact est duchesse « en » Bavière, celui de la branche ducale des Wittelsbach.

Une enfance à Possenhofen, la cadette des Wittelsbach ducaux

Sophie-Charlotte naît à Munich en février 1847. Ses parents sont le duc Max en Bavière et la duchesse Ludovica, qui élèvent une nombreuse fratrie, dont Sissi et Marie, future reine des Deux-Siciles.

Lire également : Comment la soeur de Sissi l'impératrice a bouleversé le destin de la Bavière ?

Les étés se passent au château de Possenhofen, au bord du lac de Starnberg. Elle y grandit à l’écart du protocole viennois, dans l’ombre d’une sœur aînée qui devient impératrice d’Autriche, tandis que la famille ducale reste attachée à la vie de campagne et aux séjours bavarois. Sur le destin des autres sœurs de Sissi, un article du site complète ce portrait de famille.

Les fiançailles avec Louis II de Bavière, rompues en 1867

Les fiançailles avec son cousin, le roi Louis II de Bavière, sont annoncées le 22 janvier 1867. Le mariage est repoussé à plusieurs reprises.

A voir aussi : Sortie en extérieur : Les activités à faire lors d'une journée de sortie!

En octobre 1867, le roi rompt après un différend avec le père de Sophie-Charlotte sur la date des noces. Les biographies s’en tiennent à ces faits : elles ne permettent pas d’aller plus loin sur les raisons profondes de la rupture.

Le mariage avec Ferdinand d’Orléans, duc d’Alençon

Un an plus tard, en 1868, elle épouse à Possenhofen Ferdinand d’Orléans, duc d’Alençon, petit-fils du roi Louis-Philippe. Le couple s’installe en France, où la duchesse d’Alençon porte désormais le nom de sa famille d’adoption.

Le mariage fait d’elle une princesse française, dans une famille d’Orléans que l’exil éloigne souvent du pays. Ce rang la place aux côtés d’autres grandes figures féminines des cours d’Europe, dont les fortunes des reines donnent un aperçu.

Salon d'un château français du XIXe siècle baigné de lumière

Ses enfants et sa descendance

Le couple a deux enfants : Louise, née en 1869, et Emmanuel, né en 1872, futur duc de Vendôme. Louise épouse en 1891 le prince Alphonse de Bavière.

La descendance de Sophie-Charlotte est donc celle d’une sœur de Sissi, et non celle de l’impératrice elle-même. Pour retrouver ses ancêtres et suivre ce type de filiation, la généalogie offre des méthodes accessibles.

Crise personnelle et engagement religieux

Après la mort de Louis II en 1886, Sophie-Charlotte traverse une crise : elle noue une liaison avec un médecin marié et envisage de quitter son mari et ses enfants. Son époux la fait alors soigner à Mariagrün, près de Graz, dans la clinique du docteur Krafft-Ebing, où elle reste environ cinq mois. Cet épisode, rapporté par les biographes, reste un des moins connus de sa vie.

Sa foi tient une place centrale. Elle entre dans le tiers-ordre dominicain en 1876 et prononce ses vœux le 1er mai 1880. Elle consacre ensuite beaucoup de temps aux œuvres de charité.

La mort au Bazar de la Charité, le 4 mai 1897

Le Bazar de la Charité est une vente caritative installée rue Jean-Goujon, à Paris, dans un hangar en bois. Le 4 mai 1897, la lampe à éther du cinématographe s’enflamme, et le feu gagne en quelques instants les boiseries et la toile du plafond. Le hangar mesure environ 80 mètres de long, et les issues sont trop étroites pour la foule qui s’y presse.

La duchesse d’Alençon tient le stand du noviciat dominicain. Elle fait sortir les jeunes vendeuses en priorité et refuse de passer avant elles. Elle meurt dans l’incendie, qui fait plus de 120 victimes, en majorité des femmes.

Chapelle commémorative en pierre aux vitraux colorés à Paris

Les corps calcinés sont transportés au Palais de l’Industrie pour que les familles les identifient. Celui de la duchesse est reconnu grâce à son dentiste, qui retrouve ses dents et un bridge en or. Ses obsèques ont lieu à l’église Saint-Philippe-du-Roule, et elle repose à la chapelle royale de Dreux. Une chapelle commémorative a été bâtie en 1900 sur le lieu du drame.

Une figure restée dans l’ombre de Sissi

Sophie-Charlotte est moins connue que sa sœur, dont la légende a éclipsé toute la famille. Sa mémoire tient surtout au Bazar de la Charité, où son geste est resté en exemple. L’assistant du projectionniste, jugé responsable de l’étincelle, est condamné pour homicide par imprudence, avec une peine avec sursis.

Voilà pourquoi la plus jeune sœur de Sissi mérite d’être connue pour elle-même. Elle a choisi, ce jour de mai 1897, de laisser passer les autres avant elle.

L'actu en direct